03.05.2008

Daido Moriyama & Alberto Garcia-Alix : Far From Home

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Daido Moriyama : Sans titre (Série Buenos Aires), 2007.

 

Daido Moriyama expose à Paris jusqu'au 10 mai à la galerie Kamel Mennour (47, rue Saint André Des Arts) une série de photos prises à Buenos Aires.

Superbes formats pour ces clichés de la capitale argentine pris dans l'urgence. Le stakhanoviste japonnais photographie comme à son habitude des rues cradoques, des vitrines, des animaux en gros plan... pour un résultat toujours aussi sombre (au propre comme au figuré) et brutal. Peu importe où il soit, Paris, Tokyo, New York, Buenos Aires... Moriyama, l'oeil rivé à l'objectif, est chez lui partout !

L'asiatique est accompagné pour cette expo d'Alberto Garcia-Alix qui s'est rendu à Pékin pour, en quelqie sorte, lui donner la réplique. Le photographe espagnol ne nous dit rien de l'effervescence pékinoise au travers de ses photos, principalement abstraites et graphiques, d'immeubles ou de de fils éléctriques, et les quelques portraits d'autochtones n'y changeront rien. Son travail réfléchi au cadrage très soigné est un peu l'inverse de celui de Moriyama.

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Alberto Garcia-Alix : Paisaje Mutilado (Beijing), 2007.
 

Bien sûr, ici, on aura toujours une préférence pour les cancres !

 

Arturo B. 

 

Daido Moriyama & Alberto Garcia-Alix : Far From Home (Galerie Kamel Mennour)

02.05.2008

Jon Favreau : Iron Man

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Qu'y a t-il de mieux à faire un jour férié que de s'engueuler avec sa copine : lui payer un bon seau de pop corn et l'emmener voir Iron Man pour avoir la paix durant 2 heures !

Iron Man, donc. Il n'y avait rien à attendre de cette énième adaptation de comics US après Superman, Batman, Spiderman, Daredevil, X-Men, Les 4 fantastiques etc. Et grosse surprise on se retrouve face au meilleur passage sur grand écran depuis le premier Spiderman de Sam Raimi.

Robert Downey Jr. porte le film à lui seul grâce à son interprétation énergique du vendeur d'armes milliardaire, Tony Stark. Sous l'emprise du charme irrésistible de ce Tony stark, on est alors autant séduit par les temps morts, souvent drôles, que par les scènes d'action. Si tout va bien, la carrière plutôt en dent de scie de l'acteur devrait donc, enfin, décoller après cette belle performance.

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Côté action et effets spéciaux, Jon Favreau nous régale avec un doux mix de Robocop et Transformers, un Robocop forcément moins teigneux que celui de Verhoeven et un Transformers à la mécanique plus lisible que celui de Bay. Un cocktail qui n'en reste pas moins sur-vitaminé, boosté par une bande son pleine de testostérones (comprendre : noyée sous des riffs de guitares qui tâchent bien !).

Pour le fond, on laissera nos amis onanistes des Inrocks ou de Libé s'épancher sur les enjeux politiques d'Iron Man : les USA marchands d'armes victimes de leur propre politique, ce genre de truc ! Inévitable auto-critique, toujours aussi cucul, du système qu'Hollywood parsème malicieusement dans ce genre de production pour contenter les critiques européens.

Du pur entertainment comme n'arriveront jamais à en réaliser les français quoiqu'en dise la courge populiste, Jean Dujardin, à longueur d'interviews pour la promo de Cash.

01.05.2008

Scuba : A mutual antipathy

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Plus besoin en préambule d'expliquer ce qu'est le dubstep après la vague(lette) médiatique de Burial (dont on attend avec impatience le mix  pour DJ Kicks à paraître en juin) cet hiver, une musique dont le format privilégié était jusqu'à ces 2 dernières années le maxi. 

Après les albums de Skream, Kode9, Pinch, Benga ou Cyrus, c'est donc au tour du boss d'un des labels phare de cette scène, Hotflush Recordings, de sortir son premier long format.

Ce disque déroutera les aficionados de sub-bass et de rythmiques bien lourdes car ici ce sont les nappes synthétiques et les bleeps qui dominent. On se croirait presque retourner 15 ans en arrière, lorsque l'on découvrait l'Intelligent Techno des LFO et autres Black Dog.

Un album plus rêveur que dancefloor qui, je le conçois, risque d'être "déceptif" pour la majorité des fans de dubstep. 

podcast
Tell Her

 

Arturo B.

 

Scuba : A Mutual Antipathy (Hotflush Recordings, 2008)

Robert Forster : The Evangelist

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C'est apparemment le come-back des beautiful losers : après Jonathan Richman c'est au tour de Robert Forster, co-leader des Go-Betweens, de sortir son nouvel album solo, 12 ans après un inoubliable Warm Nights.

Pour faire court le groupe de Robert Forster était l'un des 5 meilleurs pop bands des années 80 (avec dans le désordre, The Smiths, Felt, The Pale Fountains et The Housemartins !) : les Go-Betweens n'ont pourtant jamais rencontré le succès qu'ils méritaient. Des floppées de refrains à chantonner sous la douche, un exil à Londres ou une tournée en première partie du mastodonte R.E.M. en 1989 où ils défendaient leur chef d'oeuvre 16 Lovers Lane n'y changeront rien. S'en suivra un inévitable split à l'amiable. Sale histoire !

Durant la décennie suivante lui et son acolyte Grant Mclennan se lanceront dans des carrières solos, qui resteront, elles aussi, confidentielles. Puis ils finiront par ressusciter les Go-Betwwens en 2000, pour le plaisir de composer ensemble (aucun million à la clef, à la différence des rebelles NTM). Des albums qui s'enchaînent, de nouvelles tournées, des fans heureux, et voilà que Grant meurt dans son sommeil en 2006. Sale histoire !

Bref...

Le nouvel album de cet orphelin est magnifique, dépouillé, acoustique et se termine par un touchant  From Ghost Town.

podcast
 

 Arturo B.

 

Robert Forster : The Evangelist (Tuition, 2008) 

Emile Bravo : Spirou, Le Journal d'un Ingénu

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Je ne sais pas s'il est normal à l'âge du Christ de s'emballer pour un nouvel album de Spirou mais force est de reconnaître qu'Emile Bravo signe là un classique instantané.

Ce proche de la clique de L'Association, canal historique (Trondheim, Sfar & co), revient sur les origines du groom et répond aux questions fondamentales du genre : pourquoi Spirou porte t-il toujours son costume rouge ? Qui sont ses parents ? Comment se réveille la conscience de son fidèle Spip ? Comment rencontre t-il Fantasio ?

Il s'amuse aussi impertinemment avec la rivalité Tintin/Spirou, faisant de la tête à claque d'Hergé un simple personnage de BD alors que Spirou existe bien.

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Mais surtout il plonge Spirou dans un contexte historique fort : le tout début de la Seconde Guerre Mondiale lorsque les polonais cherchaient encore un accord de paix avec les allemands. Attention, des agents du Komintern s'infiltrent même dans cet album !

Le dessin soigné d'Emile Bravo et volontairement suranné sert un hors-série d'exception où comédie, drame, politique et suspens se mêlent à la perfection.

 

Arturo B.

Emile Bravo : Spirou, Le Journal d'un Ingénu (Dupuis, 2008)

29.04.2008

Maurice Pialat : L'enfance Nue

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Ce soir, France 2 a l'excellente initiative de programmer l'un des plus beaux films qui existent, trop rarement diffusé à la TV : L'Enfance Nue, premier long métrage de Maurice Pialat.

Quoi en dire ? rien ou trop, regardez-le !

Évidemment il y a un hic, le film est diffusé à minuit ! J'imagine que pour se rattraper ils feront honneur à Pialat en programmant cet été en prime time sa Maison Des Bois, le plus beau feuilleton qui existe (bis). 

Arturo B. 

28.04.2008

Disrupt & Rootah : Mikey Murka Showcase

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Superbe double EP de 8-bit dub par le Jahtari Crew, à savoir la petite star Disrupt, auteur l'an passé d'un remarqué Foundation Bit, accompagné de son pote Rootah.

Avec une indéniable économie de moyen ils rivalisent plus que jamais avec les productions historiques de King Tubby ou Lee Perry. On se demande comment ces compères arrivent à faire sonner chaleureusement leur Commodore 64 et leur Amiga. Mais au-delà de cette prouesse, ce qui importe ici c'est la vibe roots qui se dégage de ces morceaux rétro-futuriste !

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podcast

 

Le Digital Laptop Reggae est promis à un bel avenir, qui j'espère ne restera pas qu'underground !

Arturo B.

 

Disrupt & Rootah : Mickey Murka Showcase (2 x 10", Scotch Bonnet, 2008)

 

P.S. : nos amis mettent à disposition gracieusement une grosse partie de leurs productions sur leur site.

Charles Burns : One Eye

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Je suis tombé hier par hasard sur ce petit livre de photos numériques, sorti il y a tout juste un an, signé Charles Burns, monsieur Blackhole.

Il associe par paire des photos, prises à l'aide d'un simple Sony Cybershot et non retouchées (précisions apportées dans l'avant-propos), de landscapes ou d'objets du quotidien, qui n'ont a priori rien à voir ensemble, créant soit une troisième image, soit une juxtaposition aléatoire : Charles Burns perturbe ainsi subtilement le lecteur dans la perception de ses images, un peu comme si Martin Parr avait copulé avec David Lynch.

One Eye s'inscrit donc parfaitement dans la bibliographie de ce dessinateur fondamental qui n'a cesse de nous faire partager sa vision oblique du monde.

Arturo B.

 
Charles Burns : One Eye (Drawn & Quarterly, 2007)

27.04.2008

Paco Plaza & Jaume Balaguero : [Rec]

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[Rec] bénéficie d'un inexplicable bon petit buzz de la part des critiques comme des spectateurs. C'est pourtant une grosse daube qui cherchent vainement à mettre sous pression le spectateur en suivant au plus près des acteurs au jeu "ibériquement" hystérique à l'aide d'une insupportable caméra subjective : en d'autres mots, la caméra gigotent dans tous les sens face à des acteurs qui hurlent pendant 1h20 (durée relativement courte qui pourtant ne nous empêchera pas de nous ennuyer mortellement !). Le scénario est bien sûr cousu de fil blanc et aucune scène n'est suffisamment gore pour combler nos bas instincts ! Et puis, malheureusement, on ne cesse de penser à Rage ou Zombie alors forcément...

"fuir" : pour sûr la seule chose à faire !

"Se cacher" : de honte pour les réalisateurs !

"Mais ne jamais cesser de filmer" : ne déconnez pas, les gars !

Il faudra trouver autre chose pour nous faire patienter jusqu'au 25 juin prochain, date de sortie du Diary Of The Dead de Romero. 

Arturo B.

 

Paco Plaza & Jaume Balaguero : [Rec] (2008)

Kohei Yoshiyuki: The Park

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Si on est tous un peu merdique au quotidien, on est aussi tous un peu voyeur. Et ce n'est pas Kohei Yoshiyuki qui me contredira.

La réédition de son classique Document : Koen (Document : Park) datant de 1980 en est la meilleure preuve puisqu'il y présente une série de photos fantomatiques de couples faisant l'amour dans un parc, prises avec un flash infrarouge pour ne pas se faire gauler (si je puis dire).

Mais à l'époque (les années 70, évidemment !) il ne dû pas tant être surpris de découvrir ces couples en action que de s'apercevoir qu'il n'était pas le seul à les mater, bien au contraire.

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Un livre cérébral dont la lecture devient au fil des pages de plus en plus abstraite, une abstraction figurée au sens propre dans les dernières pages où Yoshiyuki photographie de près des vidéos pornos.

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Plus glauque et malsain que la pire des publications pornos venant de l'Est, le tout sans un seul poil qui dépasse, sans un seul morceau de chair qui pendouille. Voilà un bel exploit !

Arturo B.

 

Kohei Yoshiyuki: The Park (Hatje Cantze, 2007)

Chaland : le Jeune Albert

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Si, comme moi, vous n'aimez pas l'école belge et la ligne claire mais que la méchanceté et l'antipathie sont pour vous des qualités alors Le Jeune Albert de Chaland fera malgré tout votre bonheur. 

A l'inverse de beaucoup d'autres, voici un classique des années 80 dont on ne sait toujours pas sur quel pied danser !


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Et qui reste d'actu ! 

Arturo B.

Yves Chaland : Le Jeune Albert (Les Humanoides Associés, 1985 - ici couverture de la réédition de 1993)

19:21 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, chaland

Jonathan Richman : Because Her Beauty Is Raw & Wild

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Aujourd'hui, tout le monde se fout de Jonathan Richman même si les dicos de rock le considérent, en tant que leader des Modern lovers, comme l'un des premiers punks.

Il vient de sortir ces derniers jours un nouvel album, identique au précédent qui ressemblait déjà à celui d'avant et ainsi de suite...

Le sourire en coin et la guitare sèche en bandoulière, il continue de chanter ses ballades d'éternel ado. Seul au monde et se foutant de savoir si quelqu'un l'écoute, c'est le dernier des punks !

Arturo B. 
podcast
Le Printemps Des Amoureux Est Venu

 

Jonathan Richman : Because Her Beauty Is Raw & Wild (Vapor Records, 2008)

13:43 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : punk

Thomas Ott : 73304-23-4153-6-96-8

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Thomas Ott vient de sortir un nouveau livre chez L'Association au titre à la fois évocateur et poétique : 73304-23-4153-6-96-8.

Cet auteur de bandes dessinées suisse, amplement mésestimé, utilise une tehnique particulière, la carte à gratter.

Son style gothico-expressionniste sert comme toujours une histoire kafkaïenne, macabre, ironique et totalement muette. Ici, seul le dessin prime.

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Visiblement, la Suisse donne des idées noires.

Arturo B. 

Thomas Ott : 73304-23-4153-6-96-8 (L'Association, 2008)

23.04.2008

Craig Davidson : Juste Etre Un Homme

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On est tous un peu merdique au quotidien. Plus ou moins.
Pour Paul Harris c'est plutôt plus : il se fait tabasser à la sortie d'une boite de nuit comme une merde, sans broncher, et découvre enfin la gueule dans le caniveau ce goût de rouille et d'os qui surgit après un bon coup de poing dans la face.

Juste Etre Un Homme, titre bien viril, tient toutes ses promesses : Paul la fiotte quitte son bureau de fils à papa, laisse tomber le costard, retrousse ses manches et part aux vendanges avec les gens de couleurs, fait un détour par un Club Med Gym pour pousser d'la fonte et finit par se retrouver sur un ring miteux à boxer comme une brute.

Joli programme qui laissera rêveur toutes les nanas qui ont un peu pitié de leur mec qui n'arrive jamais à se faire entendre au resto par le serveur. Sauf que ce qui débute plutôt dans le genre comédie de moeurs vire rapidos dans le brutal : combats clandestins à poings nus où les artères explosent, passes où les putes tabassent à la demande leur client pendant qu'elle les sucent tout en leur mettant un doigt dans le cul... Et tout ceci en restant d'une rare sensibilité, oui, c'est possible !

ll y a un second personnage mais je vous laisserai le découvrir seul même si vous devinez bien que ce sera l'antithèse du premier et que les deux finiront par se rencontrer !

Je vous ai un peu tout raconté ou plutôt caricaturé mais honnêtement l'important n'est pas là.

Arturo B.

Craig Davidson : Juste Etre Un Homme (Albin Michel, 2008)

Portishead : Third

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Y'en a encore qui se souvienne de ce groupe neurasthénique des années 90, Portishead ?

Non parce qu'il s'apprête à sortir un hommage déguisé au krautrock, ce truc allemand des années 70 pas vraiment pattes d'eph' qui a récemment fait l'actu avec la disparition de Klaus Dinger,  batteur métronomique des mythiques  Neu.

Ca chouine toujours (que la Beth meure), mais de façon un peu plus...martiale, on dira !

Arturo B. 

podcast
The Rip
 
 
Portishead : Third (Island, 2008)