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25.05.2008

Abel Ferrara : L'ange de la vengeance

 

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L'Ange de la vengeance fait parti de ces films, à l'instar de L'enfer des armes de Tsui hark ou L'enfer des zombies de Lucio Fulci (des films qui avaient vraiment l'air trop d'enfer !), que je rêvais de voir enfant, perdu dans ma cambrousse, sans magnétoscope, mais baigné dans la lecture de Mad Movies, Starfix et L'écran fantastique.

Il aura donc fallu un peu plus de 20 ans pour que je découvre enfin le deuxème long métrage (officiel) d'Abel Ferrara grâce à son édition en DVD.  Après s'être mis lui-même en scène comme serial killer à la perceuse dans Driller Killer, le futur réalisateur de Bad Lieutnant s'attaque ici au film d'auto-défense et plus particulièrement à son sous genre dit du "rape & revenge" très prisé dans les 70's par les amateurs de B-movies.

L'histoire tient bien évidemment sur un ticket de métro : Thana, vierge et muette, se fait violer et décide de se venger en buttant à l'aide d'un colt 45 (Ms. 45 est le titre original !) tous les mâles qu'elle croise. Les 10 premières minutes donnent le ton du film : notre demoiselle trouve le temps de se faire violer deux fois de suite (si, si !) et de découper en morceau dans sa baignoire l'un de ses agresseurs , joli programme !

Assez légitimement vous devez maintenant vous demander : qu'est-ce qui peut bien démarquer cette Ange de la vengance de la moyenne des productions du même genre ? 

Tout d'abord, Abel Ferrara nous offre une vivifiante ballade dans les rues crades et glauques de ce New York fantasmatique de la fin 70/début 80 que l'on ne connaîtra plus jamais. Ensuite l'actrice principale, Zoë "Lund" Tamerlis est tout bonnement hallucinante de charme. Il faut voir comment son personnage de fille timide et victime permanente se transforme en bombe sexuelle aggressive lorsque, la nuit venue, elle se dressed to kill. Déguisée en petit chaperon noir racoleur en quête du loup ou en nonne lubrique (étrange echo au futur Bad lieutnant dont elle écrira le script), Thana prend la forme d'une justicière dans la ville superhéroïque, plongeant petit à petit le film dans une ambiance de plus en plus irréaliste. A la limite du fantastique, L'ange de la vengeance sera d'ailleurs sélectionné au Festival d'Avoriaz de 1982. La musique de Joe Delia, venant ponctuer chaques crimes, est aussi très marquante, sa stridence participant pleinement au climat lugubre, ce qui n'empêche pas le film d'être plein d'un humour noir jubilatoire. Et, enfin, comment résister à l'attraction immédiate de la superbe affiche du film, croisement de celles de Pulsions et de Rien que pour vos yeux ?

Autant d'arguments qui font donc de L'ange de la vengeance l'égal des futurs chefs-d'oeuvre de l'allumé Ferrara (King of New York, Bad lieutnant ou Nos funérailles) avec ce petit parfum bis supplémentaire. William Friedkin, à l'époque, ne s'y trompera pas puisqu'il poussera la Warner à distribuer le film.

 
 
 

Arturo B. 

PS : regardez le superbe (très) court métrage, Hot Ticket, que Zoë Lund réalisa en 1993 : c'est juste ici !



Abel Ferrara :  L'ange de la vengeance (Warner, 1982 -  DVD, Seven 7, 2008)

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