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31.05.2008

Warpfilms : Fur TV

On s'amuse bien chez Warpfilms avec ces descendants directs de Flat Eric créés pour une sorte de Muppet Show trash diffusé sur MTV.

Ici le brésilien Lapeno :

 

 
 
 
Là Fat Ed, le fan d'heavy metal :
 
 

30.05.2008

Dupuy & Berberian : Bienvenue à Boboland

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Dupuy et Berberian, mes dessinateurs favoris, sont déjà de retour après leur décevant Un an après la fortune, scénarisé par Jean-Claude Denis, du début de l'année qui leur a pourtant permis de remporter le Grand Prix à Angoulème en février.

Cette fois-ci, ils reviennent en grande forme pour s'attaquer au fléau du Bobo à travers un essai dessiné sur le "comportement en milieu urbain". Le Bobo est une espèce qu'ils connaissent bien puisque,  il y a presque 20 ans déjà, ils en ont inventé le prototype parfait avec leur personnage fétiche, Monsieur Jean, grand lecteur des Inrocks du début, un signe qui ne trompe pas !

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Bienvenue à Boboland se lit comme un precis sur Paris et ses habitants finement observé et sourdement sarcastique. Dupuy et Berberian n'ont d'ailleurs, de mémoire, jamais été aussi méchants avec les leurs. Tour à tour fourbe, cynique, lâche... il est pour une fois impossible ici de s'attacher à l'un de leurs personnage.

Signalons enfin que Fluide Glacial a fait un énorme effort sur la qualité de l'édition avec un papier au grammage inhabituel, c'est un peu con comme remarque mais ça m'a vraiment surpris !

 

Arturo B.

Dupuy & Berberian : Bienvenue à Boboland (Fluide Glacial, 2008) 

Franquin : Gaston Lagaffe

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 (extrait de Franquin : chronologie d'une oeuvre, Marsu Production, 2007)

Il est parfois bon de rappeler quelques évidences : André Franquin était un génie de la bd et sûrement le meilleur dessinateur animalier. D'ailleurs Hergé, lucide, disait " à côté de Franquin, je ne suis qu'un piètre dessinateur".

En ces temps difficiles de "travailler plus pour gagner plus", il faut absolument relire son Gaston Lagaffe dont le programme  "travailler moins pour glander plus" nous parle davantage que celui de notre Président. Et puis un mec qui vient au bureau en espadrilles est forcément un ami !

 

Arturo B.

29.05.2008

John Holt : I don't want to see you cry

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podcast
John Holt : I don't want to see you cry  

 

Quand j'écoute cette 8ème merveille du monde je me dis que la Grâce a vraiment touché ces rockers jamaïcains des 60's ! Et le plus incroyable c'est que, pour avoir vu ces dernières années Ken Boothe et Alton Ellis sur scène, je peux vous confirmer qu'Elle ne les a jamais quittés.

L'ex chanteur des Parangons interprète ici une sorte de morceau lover's rock (de reggae romantique pour les incultes !) idéal ! 

I don't want to see you cry : ça va être difficile à l'écoute de cette chanson !

Arturo B.

 

Various : Studio One kings (Soul Jazz Records, 2007)

White Noise : An electric storm

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podcast
My game of loving 

 

Je connais l'existence de ce cet album depuis des années (il était fréquemment cité dans les interviews durant les années 90) mais, allez savoir pourquoi, il fait parti de ces disques que je n'ai jamais acheté (et je dois acheter en une semaine plus de disques que le français moyen en achètera toute sa vie !) ni même écouté.

Comment ai-je pu pendant tout ce temps passer à côté de cette perle obscure de la fin des 60's ?

Vous qui n'aviez jamais pensé, même dans vos rêves les plus fous, à mixer Pink Floyd, Throbbing Gristle, Neu, The TV Personnalities et Luke Vibert dans une même marmite, White Noise l'a fait pour vous.

David Vorhaus, jeune américain qui a étudié l'électronique et la musique classique, accompagné de 2 bidouilleurs de la BBC chargés des effets sonores pour la radio et la TV, va réussir a dégotté en 1968 chez Island une avance de 3000 £ pour composer un album. Avec cet argent White Noise va construire son propre studio et s'y enfermer pour créer des morceaux qu'ils mettront des semaines et des semaines à  accoucher, au grand désespoir de leur label. An electric storm finira par sortir en 1969 pour se vendre à 200 exemplaires la première année, il trouvera petit à petit son public dans l'underground.

Par ses bidouillage de bandes pré-enregistrées (du sampling en fait !) ou l'utilisation de synthés préhistoriques, White Noise est un groupe réellement précurseur. Les teutons Kraut-eux se souviendront la décennie suivante de ces expériences soniques.

Amateurs de musique pop, industrielle (l'hallucinant Black mass electric storm in hell qui clôt le disque), ambient, cosmic, lounge, hip-hop, electro... An electric storm est pour vous. Alors ne faîtes pas comme moi, n'attendez pas 10 ans avant de vous procurer cet éclair de génie, d'autant plus qu'il est ressorti l'année dernière dans une version remastérisée (un argument commercial imparable le remasterisé !).

Arturo B.

 

White Noise : An electric storm (Island, 1969)

25.05.2008

Abel Ferrara : L'ange de la vengeance

 

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L'Ange de la vengeance fait parti de ces films, à l'instar de L'enfer des armes de Tsui hark ou L'enfer des zombies de Lucio Fulci (des films qui avaient vraiment l'air trop d'enfer !), que je rêvais de voir enfant, perdu dans ma cambrousse, sans magnétoscope, mais baigné dans la lecture de Mad Movies, Starfix et L'écran fantastique.

Il aura donc fallu un peu plus de 20 ans pour que je découvre enfin le deuxème long métrage (officiel) d'Abel Ferrara grâce à son édition en DVD.  Après s'être mis lui-même en scène comme serial killer à la perceuse dans Driller Killer, le futur réalisateur de Bad Lieutnant s'attaque ici au film d'auto-défense et plus particulièrement à son sous genre dit du "rape & revenge" très prisé dans les 70's par les amateurs de B-movies.

L'histoire tient bien évidemment sur un ticket de métro : Thana, vierge et muette, se fait violer et décide de se venger en buttant à l'aide d'un colt 45 (Ms. 45 est le titre original !) tous les mâles qu'elle croise. Les 10 premières minutes donnent le ton du film : notre demoiselle trouve le temps de se faire violer deux fois de suite (si, si !) et de découper en morceau dans sa baignoire l'un de ses agresseurs , joli programme !

Assez légitimement vous devez maintenant vous demander : qu'est-ce qui peut bien démarquer cette Ange de la vengance de la moyenne des productions du même genre ? 

Tout d'abord, Abel Ferrara nous offre une vivifiante ballade dans les rues crades et glauques de ce New York fantasmatique de la fin 70/début 80 que l'on ne connaîtra plus jamais. Ensuite l'actrice principale, Zoë "Lund" Tamerlis est tout bonnement hallucinante de charme. Il faut voir comment son personnage de fille timide et victime permanente se transforme en bombe sexuelle aggressive lorsque, la nuit venue, elle se dressed to kill. Déguisée en petit chaperon noir racoleur en quête du loup ou en nonne lubrique (étrange echo au futur Bad lieutnant dont elle écrira le script), Thana prend la forme d'une justicière dans la ville superhéroïque, plongeant petit à petit le film dans une ambiance de plus en plus irréaliste. A la limite du fantastique, L'ange de la vengeance sera d'ailleurs sélectionné au Festival d'Avoriaz de 1982. La musique de Joe Delia, venant ponctuer chaques crimes, est aussi très marquante, sa stridence participant pleinement au climat lugubre, ce qui n'empêche pas le film d'être plein d'un humour noir jubilatoire. Et, enfin, comment résister à l'attraction immédiate de la superbe affiche du film, croisement de celles de Pulsions et de Rien que pour vos yeux ?

Autant d'arguments qui font donc de L'ange de la vengeance l'égal des futurs chefs-d'oeuvre de l'allumé Ferrara (King of New York, Bad lieutnant ou Nos funérailles) avec ce petit parfum bis supplémentaire. William Friedkin, à l'époque, ne s'y trompera pas puisqu'il poussera la Warner à distribuer le film.

 
 
 

Arturo B. 

PS : regardez le superbe (très) court métrage, Hot Ticket, que Zoë Lund réalisa en 1993 : c'est juste ici !



Abel Ferrara :  L'ange de la vengeance (Warner, 1982 -  DVD, Seven 7, 2008)

23.05.2008

Scarlett Johansson : Anywhere I lay my head

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Jusqu'alors Scarlett Johansson m'a toujours laissé indifférent, ses lèvres pulpeuses et sa poitrine voluptueuse ni changeant rien. Mais le charme immédiat de son premier album va sûrement changer la donne.

La voix à la fois grave et ethérée de Scarlett, qui évoque un croisement entre celle de Liz Fraser des Cocteau Twins et celle de Julee Cruise, chante de merveilleuses reprises de Tom Waits. La production de l'arty-san David Sitek, échappé de TV On The Radio, est vraiment remarquable : il crée un magma sonore fait de boucles electro, de guitares, de banjos, de cloches, de cuivres... dans lequel vient se noyer la voix de la belle, une sorte de Wall Of Sound de l'an 2000. Car il est vrai qu'à l'écoute d'Anywhere I lay my head on pense très souvent aux productions de Phil Spector, celles de Brian Wilson n'étant jamais très loin non plus. 

Un très beau disque qui, pour une fois, est à la hauteur de l'énorme buzz qu'il a suscité !

 

podcast
 I Don't Want to Grow Up

Arturo B.

 

Scarlett Johansson : Anywhere I lay my head (Warner, 2008)

Arnaud Desplechin : Un conte de Noël

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Sur le papier Un conte de Noël semble être un monstrueux mille-feuille indigeste, indigeste par sa durée (2H30 quand même !), son imposant casting, ses thématiques aux goûts variés, ses audaces formelles très Nouvelle Vague... Et si l'on ajoute à cela le goût prononcé de Desplechin pour la littérature, la philosophie (Nietzsche, Pascal, que du léger !) et les mathématiques (les probabilités, chouette !) le Dujardin qui sommeille en nous n'a qu'une envie : prendre ses jambes à son cou !

Mais c'est là que le film est formidable car cet énorme gâteau passe comme une lettre à la poste. Desplechin réussit là son film le plus limpide et abordable, le tout sans jamais se renier, mariant avec une fluidité confondante comédie et drame, amour et haine, mort et vie. Il continue aussi d'approfondir son monde et peu importe que son petit théâtre mette en scène une intelligentsia excentrique quelque peu éloignée des spectateurs lambdas car, autre exploit du réalisateur et de son fidèle co-scénariste, Emmanuel Bourdieu, le film a cette faculté de toucher n'importe lequel d'entre nous, miracle rendu possible grâce à la richesse des personnages et des sujets abordés. Famille, mort, amour : autant de thèmes pesants qui sont ici traités sans lourdeur et, surtout, sans sentimentalisme dégoulinant.  Un conte de Noël est au contraire constamment vachard, pour notre plus grand plaisir.

De plus, le film se paye le luxe d'être formellement d'une incroyable beauté : Ivan et son oncle discutant sous un arbre dans une blancheur surexposée, Emmanuelle Devos sublimement poseuse une clope entre les doigts, les travellings sur les murs graffés de Roubaix...

Il faudrait  aussi parler de cette atmosphère parfois à la limite du fantastique, de ce montage furibard, de cette Elizabeth déprimée délicieusement tête à claques, de cette séquence où Catherine Deneuve face caméra est embarquée dans une sorte de parodie de pub pour assurance décès alors qu'elle vient d'apprendre un peu avant qu'elle était atteinte d'une maladie génétique rare...

Un pur chef d'oeuvre qui, malheureusement, dans cette France du cinéma qui a pris le ch'ti pour nationalité et Danny Boon comme Président, ne rencontrera peut être pas le succès grand public qu'il mérite ? A moins qu'il remporte dimanche prochain la palme d'or à Cannes, ce qui serait bien la moindre des choses !

 

Dennis Wilson : Pacific Ocean Blue

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Attention va y avoir du caleçon tâché chez les pensionnaires de l'hospice de la pop-music avec la réédition début juin de ce trésor caché : l'unique album solo du batteur des Beach Boys.

Mais, autant vous prévenir de suite, la cote de ce Pacific Ocean Blue est à mon goût un poil surestimé, comme c'est souvent le cas avec ce genre de disque dit culte parce que rare. Sorti en 1977, je pense que l'on avait raisonnablement de bonnes excuses pour passer à côté de cet album.

Malgré tout, 30 ans plus tard, cette rareté, composée et enregistrée quasiment intégralement en solo dans un home studio, n'en reste pas moins hautement recommandable pour ses beaux moments de bleue mélancolie et ses arrangements parfois dignes de Brian.

 

podcast
Moonshine

 

De plus Sony a fait les choses bien pour cette luxueuse édition puisqu'elle comprendra aussi le deuxième album solo du Beach Boy, Bambu, officiellement jamais réalisé.

PS: pour la petite histoire, poser dans sa jeunesse en maillot de bains sur des pochettes de disques et intituler plus tard son seul album Pacific Ocean Blue n'auront pas suffit à sauver notre surfer d'une noyade dans la mer en 1983... bon, c'est vrai qu'il était sérieusement chargé en alcool et cocaÏne mais quand même !

 

Arturo B.

 

Dennis Wilson : Pacific Ocean BLue (Sony/Legacy, 2008) 

Eric Veillé : Le sens de la vie et ses frères

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Le sens de la vie et ses frères est un livre assez génial. Eric Veillé  marie non-sens, absurde et surréalisme dans des historiettes d'une ou deux pages qui se révèlent parfois inquiètantes.

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On notera une douce fascination peu rassurante pour les coudes et les galeries souterraines. Pierre la Police a de quoi se faire du mouron.

Trop rare sont les livres qui me font rire à haute voix, celui-ci en fait partie ... et voilà maintenant que je me mets à écrire dans la langue de Yoda ! En V.F., heureusement !

 

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Arturo B.

 

Eric Veillé : Le sens de la vie et ses frères (Cornélius, 2008) 

00:12 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cornélius

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