03.05.2008

Daido Moriyama & Alberto Garcia-Alix : Far From Home

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Daido Moriyama : Sans titre (Série Buenos Aires), 2007.

 

Daido Moriyama expose à Paris jusqu'au 10 mai à la galerie Kamel Mennour (47, rue Saint André Des Arts) une série de photos prises à Buenos Aires.

Superbes formats pour ces clichés de la capitale argentine pris dans l'urgence. Le stakhanoviste japonnais photographie comme à son habitude des rues cradoques, des vitrines, des animaux en gros plan... pour un résultat toujours aussi sombre (au propre comme au figuré) et brutal. Peu importe où il soit, Paris, Tokyo, New York, Buenos Aires... Moriyama, l'oeil rivé à l'objectif, est chez lui partout !

L'asiatique est accompagné pour cette expo d'Alberto Garcia-Alix qui s'est rendu à Pékin pour, en quelqie sorte, lui donner la réplique. Le photographe espagnol ne nous dit rien de l'effervescence pékinoise au travers de ses photos, principalement abstraites et graphiques, d'immeubles ou de de fils éléctriques, et les quelques portraits d'autochtones n'y changeront rien. Son travail réfléchi au cadrage très soigné est un peu l'inverse de celui de Moriyama.

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Alberto Garcia-Alix : Paisaje Mutilado (Beijing), 2007.
 

Bien sûr, ici, on aura toujours une préférence pour les cancres !

 

Arturo B. 

 

Daido Moriyama & Alberto Garcia-Alix : Far From Home (Galerie Kamel Mennour)

28.04.2008

Charles Burns : One Eye

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Je suis tombé hier par hasard sur ce petit livre de photos numériques, sorti il y a tout juste un an, signé Charles Burns, monsieur Blackhole.

Il associe par paire des photos, prises à l'aide d'un simple Sony Cybershot et non retouchées (précisions apportées dans l'avant-propos), de landscapes ou d'objets du quotidien, qui n'ont a priori rien à voir ensemble, créant soit une troisième image, soit une juxtaposition aléatoire : Charles Burns perturbe ainsi subtilement le lecteur dans la perception de ses images, un peu comme si Martin Parr avait copulé avec David Lynch.

One Eye s'inscrit donc parfaitement dans la bibliographie de ce dessinateur fondamental qui n'a cesse de nous faire partager sa vision oblique du monde.

Arturo B.

 
Charles Burns : One Eye (Drawn & Quarterly, 2007)

27.04.2008

Kohei Yoshiyuki: The Park

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Si on est tous un peu merdique au quotidien, on est aussi tous un peu voyeur. Et ce n'est pas Kohei Yoshiyuki qui me contredira.

La réédition de son classique Document : Koen (Document : Park) datant de 1980 en est la meilleure preuve puisqu'il y présente une série de photos fantomatiques de couples faisant l'amour dans un parc, prises avec un flash infrarouge pour ne pas se faire gauler (si je puis dire).

Mais à l'époque (les années 70, évidemment !) il ne dû pas tant être surpris de découvrir ces couples en action que de s'apercevoir qu'il n'était pas le seul à les mater, bien au contraire.

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Un livre cérébral dont la lecture devient au fil des pages de plus en plus abstraite, une abstraction figurée au sens propre dans les dernières pages où Yoshiyuki photographie de près des vidéos pornos.

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Plus glauque et malsain que la pire des publications pornos venant de l'Est, le tout sans un seul poil qui dépasse, sans un seul morceau de chair qui pendouille. Voilà un bel exploit !

Arturo B.

 

Kohei Yoshiyuki: The Park (Hatje Cantze, 2007)