29.05.2008

White Noise : An electric storm

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podcast
My game of loving 

 

Je connais l'existence de ce cet album depuis des années (il était fréquemment cité dans les interviews durant les années 90) mais, allez savoir pourquoi, il fait parti de ces disques que je n'ai jamais acheté (et je dois acheter en une semaine plus de disques que le français moyen en achètera toute sa vie !) ni même écouté.

Comment ai-je pu pendant tout ce temps passer à côté de cette perle obscure de la fin des 60's ?

Vous qui n'aviez jamais pensé, même dans vos rêves les plus fous, à mixer Pink Floyd, Throbbing Gristle, Neu, The TV Personnalities et Luke Vibert dans une même marmite, White Noise l'a fait pour vous.

David Vorhaus, jeune américain qui a étudié l'électronique et la musique classique, accompagné de 2 bidouilleurs de la BBC chargés des effets sonores pour la radio et la TV, va réussir a dégotté en 1968 chez Island une avance de 3000 £ pour composer un album. Avec cet argent White Noise va construire son propre studio et s'y enfermer pour créer des morceaux qu'ils mettront des semaines et des semaines à  accoucher, au grand désespoir de leur label. An electric storm finira par sortir en 1969 pour se vendre à 200 exemplaires la première année, il trouvera petit à petit son public dans l'underground.

Par ses bidouillage de bandes pré-enregistrées (du sampling en fait !) ou l'utilisation de synthés préhistoriques, White Noise est un groupe réellement précurseur. Les teutons Kraut-eux se souviendront la décennie suivante de ces expériences soniques.

Amateurs de musique pop, industrielle (l'hallucinant Black mass electric storm in hell qui clôt le disque), ambient, cosmic, lounge, hip-hop, electro... An electric storm est pour vous. Alors ne faîtes pas comme moi, n'attendez pas 10 ans avant de vous procurer cet éclair de génie, d'autant plus qu'il est ressorti l'année dernière dans une version remastérisée (un argument commercial imparable le remasterisé !).

Arturo B.

 

White Noise : An electric storm (Island, 1969)

25.05.2008

Abel Ferrara : L'ange de la vengeance

 

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L'Ange de la vengeance fait parti de ces films, à l'instar de L'enfer des armes de Tsui hark ou L'enfer des zombies de Lucio Fulci (des films qui avaient vraiment l'air trop d'enfer !), que je rêvais de voir enfant, perdu dans ma cambrousse, sans magnétoscope, mais baigné dans la lecture de Mad Movies, Starfix et L'écran fantastique.

Il aura donc fallu un peu plus de 20 ans pour que je découvre enfin le deuxème long métrage (officiel) d'Abel Ferrara grâce à son édition en DVD.  Après s'être mis lui-même en scène comme serial killer à la perceuse dans Driller Killer, le futur réalisateur de Bad Lieutnant s'attaque ici au film d'auto-défense et plus particulièrement à son sous genre dit du "rape & revenge" très prisé dans les 70's par les amateurs de B-movies.

L'histoire tient bien évidemment sur un ticket de métro : Thana, vierge et muette, se fait violer et décide de se venger en buttant à l'aide d'un colt 45 (Ms. 45 est le titre original !) tous les mâles qu'elle croise. Les 10 premières minutes donnent le ton du film : notre demoiselle trouve le temps de se faire violer deux fois de suite (si, si !) et de découper en morceau dans sa baignoire l'un de ses agresseurs , joli programme !

Assez légitimement vous devez maintenant vous demander : qu'est-ce qui peut bien démarquer cette Ange de la vengance de la moyenne des productions du même genre ? 

Tout d'abord, Abel Ferrara nous offre une vivifiante ballade dans les rues crades et glauques de ce New York fantasmatique de la fin 70/début 80 que l'on ne connaîtra plus jamais. Ensuite l'actrice principale, Zoë "Lund" Tamerlis est tout bonnement hallucinante de charme. Il faut voir comment son personnage de fille timide et victime permanente se transforme en bombe sexuelle aggressive lorsque, la nuit venue, elle se dressed to kill. Déguisée en petit chaperon noir racoleur en quête du loup ou en nonne lubrique (étrange echo au futur Bad lieutnant dont elle écrira le script), Thana prend la forme d'une justicière dans la ville superhéroïque, plongeant petit à petit le film dans une ambiance de plus en plus irréaliste. A la limite du fantastique, L'ange de la vengeance sera d'ailleurs sélectionné au Festival d'Avoriaz de 1982. La musique de Joe Delia, venant ponctuer chaques crimes, est aussi très marquante, sa stridence participant pleinement au climat lugubre, ce qui n'empêche pas le film d'être plein d'un humour noir jubilatoire. Et, enfin, comment résister à l'attraction immédiate de la superbe affiche du film, croisement de celles de Pulsions et de Rien que pour vos yeux ?

Autant d'arguments qui font donc de L'ange de la vengeance l'égal des futurs chefs-d'oeuvre de l'allumé Ferrara (King of New York, Bad lieutnant ou Nos funérailles) avec ce petit parfum bis supplémentaire. William Friedkin, à l'époque, ne s'y trompera pas puisqu'il poussera la Warner à distribuer le film.

 
 
 

Arturo B. 

PS : regardez le superbe (très) court métrage, Hot Ticket, que Zoë Lund réalisa en 1993 : c'est juste ici !



Abel Ferrara :  L'ange de la vengeance (Warner, 1982 -  DVD, Seven 7, 2008)